En ligne (connectés) : 0 78

Éducation : les syndicats brandissent la menace d’une grève avant la rentrée du 5 octobre

slecg

À moins de deux semaines de la rentrée scolaire fixée au 5 octobre 2026, le climat reste tendu dans le secteur de l’éducation. Réunis ce lundi face à la presse, les responsables de l’intersyndicale ont dénoncé le non-respect de plusieurs engagements pris par le gouvernement et conditionnent une rentrée sereine à la satisfaction de leurs revendications.

Parmi les principales demandes figurent l’engagement des anciens enseignants contractuels communaux, le déblocage des salaires de certains enseignants, la finalisation du statut particulier des personnels de l’éducation ainsi que le paiement de certaines primes de fonction.

Sur la question du concours annoncé pour le recrutement de nouveaux enseignants, Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation, précise que les organisations syndicales ne remettent pas en cause le principe du concours. Il demande toutefois que les engagements contenus dans le protocole d’accord soient respectés.

«L’intersyndical que vous voyez n’est pas opposé à l’organisation d’un concours. Il faut que ça soit très clair. Personne n’est opposé à ce que les meilleurs soient recrutés pour enseigner dans les écoles de la République. Mais un principe reste clair : lorsque vous signez un protocole d’accord qui a des stipulations précises, il va falloir respecter ce processus-là», a-t-il déclaré.

Le syndicaliste revient notamment sur la situation des 14 500 enseignants contractuels communaux recensés et biométrisés, puis soumis en 2024 à une évaluation pratique en classe. Selon lui, 10 000 candidats avaient été retenus contre 4 500 non retenus, en partie en raison de la répartition des quotas entre les préfectures.

Pépé Balamou affirme cependant que la grande majorité des candidats écartés avaient obtenu la moyenne.

«Parmi les 4 500, il n’y a que 60 qui n’ont pas eu la moyenne. Tout le reste a eu une moyenne égale ou supérieure à 10 sur 20. Donc ça veut dire qu’ils ont la moyenne. Et si le protocole dit que ceux qui ont eu la moyenne seront prioritaires à l’engagement, il n’a pas été dit qu’ils seront prioritaires au concours», a-t-il expliqué.

L’intersyndicale met également en avant le cas d’enseignants dont les salaires seraient bloqués depuis plusieurs années. Elle demande leur régularisation et insiste sur la nécessité d’achever le statut particulier des personnels de l’éducation. Les syndicats réclament par ailleurs le paiement des primes de fonction destinées aux responsables du secteur.

Autre préoccupation soulevée lors de la rencontre : les conditions matérielles dans plusieurs établissements scolaires à l’approche de la rentrée. Selon Pépé Balamou, certaines écoles ne seraient toujours pas suffisamment préparées pour accueillir les élèves.

«Vous avez les images sur vos réseaux, sur vos sites, des écoles délabrées comme des poulaillers, comme des porcheries. Même à Conakry, il y a des écoles où les toilettes ne sont plus praticables, où il n’y a pas de tables-bancs. Les matériels didactiques aussi ne sont pas là», a-t-il dénoncé.

De son côté, Aboubacar Soumah, secrétaire général du SLECG, interpelle les autorités chargées du dialogue social. Il leur demande de contribuer au respect des engagements pris dans le cadre du protocole d’accord signé avec les syndicats.

«Nous invitons les autorités, les institutions qui sont garantes du dialogue social d’intervenir auprès du gouvernement de Guinée pour que notre protocole d’accord soit respecté dans tous ses points», a-t-il déclaré.

À l’approche du 5 octobre, l’intersyndicale maintient ainsi la pression sur le gouvernement. Aboubacar Soumah avertit que l’absence de réponse aux revendications syndicales pourrait compromettre le déroulement normal de la rentrée.

«Si le gouvernement ne respecte pas ses engagements d’ici l’ouverture des classes, alors il n’y aura pas d’ouverture apaisée», a-t-il averti.

La menace d’un mouvement de grève reste donc présente, alors que les autorités disposent encore de quelques jours pour tenter de trouver un accord avec les syndicats avant la reprise des cours.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


A propos de l'auteur :

224infos